Avec son gin sans alcool, Citadelle 0.0, la Maison Ferrand signe l’un des rares spiritueux sans alcool qui mérite vraiment qu’on s’y attarde. C’est notre Bouteille du Week-End.

Soyons honnêtes : le marché des gins sans alcool, c’est souvent beaucoup de promesses pour peu de résultats. De l’eau aromatisée déguisée en spiritueux, des copies ternes de l’original. Citadelle 0.0 casse ce schéma, et pas qu’un peu.

Lancé en janvier 2026 après plus de quatre années de recherche et développement, le Citadelle 0.0 n’est pas arrivé dans l’urgence d’une tendance. La Maison Ferrand, qui a posé les bases du gin craft français dès 1996 avec le Citadelle Original, a pris le temps qu’il fallait. Et ça se sent dans le verre.

Ce qui distingue immédiatement ce produit de la masse, c’est son procédé de fabrication. Là où la plupart des alternatives recourent à la désalcoolisation – on fait un gin, puis on retire l’alcool – ou à de simples assemblages d’arômes industriels, Citadelle a pris un chemin de traverse : l’hydrodistillation douce, inspirée directement des techniques de la parfumerie artisanale.

Une méthode venue de la parfumerie

Le principe est élégant dans sa logique : les 19 botaniques, les mêmes qui composent la signature du gin original, sont distillées non pas dans de l’alcool, mais dans de l’eau. Cette technique permet de capturer les composés aromatiques les plus volatils et les plus expressifs de chaque plante, sans jamais que l’alcool ne serve de vecteur. L’hydrolat obtenu est ensuite enrichi par un assemblage minutieux d’extraits naturels, pour apporter de la complexité.

Cette philosophie change tout. Au lieu de chercher à reconstituer le profil aromatique du gin alcoolisé (exercice toujours frustrant), l’équipe s’est autorisée à créer une expression à part entière, fidèle à l’ADN Citadelle sans en être une pâle réplique.

À la dégustation : une vraie personnalité

Au nez des notes végétales fraîches, complétées un bouquet d’épices chaleureuses, des notes florales.
En bouche, la structure tient la route ce qui pêche inévitablement habituellement dans le sans alcool  : de l’ampleur, de la fraîcheur, et une jolie touche poivrée qui donne du peps.
La finale est longue, étonnamment persistante pour un distillat sans alcool.

A déguster en gin tonic sans alcool, allongé d’un tonic peu sucré, quelques glaçons, un zeste de citron.

Disponible chez les cavistes au prix de 19,99 euros. Un positionnement tarifaire en dessous de la plupart de ses concurrents dans la catégorie sans alcool premium, ce qui est une bonne nouvelle supplémentaire.