Alors que le marché du vin trinque plutôt tristement en France, avec une consommation globale en berne, le vin bio fait figure d’exception qui confirme la règle. Non seulement il résiste, mais il progresse, porté par une nouvelle génération de consommateurs qui ont décidé de « boire moins mais mieux ».

Les chiffres présentés par SudVinBio mi-novembre sont sans appel : +7% de ventes en valeur en 2024, pour atteindre 1,678 milliard d’euros. Dans un contexte où la consommation de vin recule partout en France, cette performance détonne. Le volume suit la même tendance avec 2,856 millions d’hectolitres écoulés, soit là encore une hausse de 7%.

Cette croissance ne se limite pas à un seul circuit de distribution. Si la grande distribution tire la langue (mais elle ne représente qu’une part minoritaire des ventes de bio), les circuits à forte valeur ajoutée explosent. Les caves particulières affichent +6%, tandis que les coopératives et le négoce grimpent de 8%. Un signe que le vin bio ne surfe pas sur un effet de mode passager, mais s’installe durablement dans les habitudes de consommation.

Les moins de 35 ans, champions du bio

Et c’est peut-être là la meilleure nouvelle pour la filière : les jeunes sont au rendez-vous. Selon l’étude menée par l’ObSoCo pour SudVinBio, les moins de 35 ans représentent 31% des consommateurs de vin bio, contre seulement 18% des consommateurs exclusifs de vin conventionnel. Un écart qui en dit long sur l’avenir du secteur.

Ces jeunes consommateurs ne sont pas là par hasard. Ils se disent plus conscients des enjeux environnementaux, plus inquiets des effets de l’alimentation sur leur santé, et accordent davantage leur confiance aux labels et à la science. Bref, le profil type du consom’acteur version 2025.

39% des Français déjà conquis

Au total, 39% des Français consomment aujourd’hui du vin bio, que ce soit de manière exclusive ou occasionnelle. Parmi eux, 35% en boivent de façon soutenue, tandis que 41% n’y ont recours qu’occasionnellement, malgré une image très positive du produit.

Pour ces derniers, les leviers d’amélioration sont identifiés : mieux mettre en valeur l’offre en rayon et sur les cartes des restaurants, rassurer sur le rapport qualité-prix. Pour les consommateurs réguliers, l’enjeu est ailleurs : affirmer encore plus la qualité gustative et le « potentiel plaisir » des vins bio, histoire de tordre le cou aux vieux préjugés qui collent encore à la peau du secteur.

Un paradoxe à résoudre

Reste un paradoxe de taille : malgré cette demande dynamique, les volumes de production excèdent encore la demande, ce qui pèse sur les stocks et les trésoreries des producteurs. Une situation qui explique sans doute le ralentissement des conversions observé actuellement, même si 20,87% du vignoble français est désormais certifié bio ou en conversion.

Le rendez-vous est pris du 26 au 28 janvier 2026 au Parc des Expositions de Montpellier pour la 33ème édition de Millésime Bio, le plus grand salon professionnel au monde dédié aux vins et alcools bio. L’occasion de voir si cette dynamique positive se confirme et si les jeunes consommateurs d’aujourd’hui deviendront les fidèles de demain.


L’ObSoCo, à la demande de SudVinBio, a mené une étude pour explorer les représentations et les habitudes de consommation des vins bio.  L’objectif ? Offrir une nouvelle perspective sur le marché et ses dynamiques, en tenant compte des attitudes des Français envers l’alimentation, la science et l’écologie. Voici en infographie, ci dessus et ci-dessous les éléments essentiels.