Christophe Leroy, le roi des nuits gourmandes à St Trop’, fait son grand retour à Paris. Et pas n’importe comment : avec deux adresses qui se font face, un club et un bistrot, qui capturent parfaitement son esprit généreux, festif et débordant de vie.

Il a régné sur les nuits tropéziennes pendant plus de trente ans. Il a cuisiné pour les stars, organisé le mariage de Johnny Hallyday, transformé Ramatuelle en temple de la fête gastronomique. Et voilà que Christophe Leroy choisit 2026 pour conquérir Paris. Avec deux adresses face à face rue de Bassano, dans le très select XVIe, le Chef normand signe un retour aussi attendu que symbolique.

De Ducasse à la Messardière, une formation au sommet

Tout commence en Normandie, en 1964. Christophe Leroy grandit loin de la Méditerranée, mais pas loin de l’ambition. Il se forme auprès des plus grands, Alain Ducasse, Alain Senderens, et à 24 ans seulement, le voilà aux commandes des cuisines du Château de la Messardière, ce palace perché au-dessus de Saint-Tropez. Le début d’un parcours qui ne va pas traîner.

Sur la Côte d’Azur, il construit une identité bien à lui : en 1992, il ouvre La Table du Marché, puis en 1998 Les Moulins de Ramatuelle, un lieu hybride et inclassable entre gastronomie et grande fête, clairement inspiré de l’esprit Eddie Barclay. C’est là que tout s’emballe. Les célébrités se pressent, les soirées deviennent légendaires, et Christophe Leroy s’impose comme la figure incontournable des nuits tropéziennes. On lui confie même l’organisation du mariage de Johnny Hallyday. Pas mal, pour un gamin de Normandie.

Dans les années 2000, l’aventure prend une dimension internationale avec une escale remarquée à Marrakech. Le chef voyage, rayonne, connaît aussi quelques turbulences, il le dit lui-même avec franchise, citant volontiers cette maxime : « Il n’est pas déshonorant de tomber, il est de ne pas se relever. » Un homme qui a visiblement bien retenu la leçon.

Rue de Bassano : un hasard, vraiment ?

Et donc, Paris. Deux établissements, face à face, au 22 et 15 rue de Bassano, 75116. À deux pas de l’avenue Kléber, à un jet de champagne des Champs-Élysées. Hasard du marché immobilier parisien ? On peut en douter. Christophe Leroy, habitué aux terrasses où l’on croise autant de yachts que de Ferrari, n’a visiblement pas choisi le 93 pour poser ses couteaux. Le 16e arrondissement, avec ses façades haussmanniennes et sa clientèle fortunée, ressemble furieusement au prolongement naturel de l’univers tropézien qui l’a rendu célèbre.

Deux lieux, un seul état d’esprit

Le concept qu’il propose avec Monsieur Bassano est double mais cohérent. D’un côté, le Restaurant Club : une cave voûtée aux lumières tamisées, un bar convivial, des jeux (échecs, backgammon, cartes), une atmosphère feutrée et intimiste. Au menu, du solide et du beau, bar sauvage grillé, homard bleu rôti, bisque de langouste, foie gras façon Tour d’Argent, côte de veau de lait, entrecôte Black Angus, crêpes Suzette. Menu du chef à 89 euros.
En face, le Bistrot : terrasse, ambiance décontractée, crêperie en extérieur aux beaux jours, viandes maturées, bœuf bourguignon, homard grillé au basilic et même des options véganes. Le tout arrosé de champagne Duval-Leroy, partenaire de la maison.

La philosophie affichée ? « Remettre le produit au centre, sans artifice inutile. » Christophe Leroy ne cherche pas à épater la galerie avec des constructions architecturales dans l’assiette. Il veut que l’on mange bien, que l’on rit fort, que l’on reste tard.

Paris comme prolongement naturel

Ce qui frappe dans ce projet, c’est sa cohérence avec tout ce que Leroy a toujours fait. Ses lieux ont toujours été des espaces de vie avant d’être des restaurants, des endroits où l’on vient pour les autres autant que pour la cuisine. Paris, avec sa clientèle internationale et son goût pour les soirées qui durent, offre le terrain idéal à ce Chef qui a toujours su transformer un dîner en soirée.

À l’image, dit-il, des grands salons européens. Monsieur Bassano se veut un endroit où « l’on converse, où l’on se retrouve, où l’on célèbre et où l’on crée des souvenirs ». Programme chargé, mais finalement, c’est exactement ce que Christophe Leroy a toujours livré, du Sud jusqu’au cœur de Paris.

Monsieur Bassano Bistrot, 22 rue de Bassano, Paris 16e
Monsieur Bassano Restaurant Club, 15 rue de Bassano, Paris 16e