Au Salon de l’Agriculture qui ouvre ses portes fin février, la filière des spiritueux français veut montrer qu’elle n’est pas qu’une affaire de tradition. Résultat d’une étude menée auprès de 252 sites : l’innovation durable est en train de révolutionner le secteur.

Cognac, Armagnac, Calvados, rhum antillais… Ces noms résonnent comme autant de symboles du patrimoine français. Mais derrière les étiquettes centenaires, c’est une véritable révolution agricole qui est en marche. La Fédération Française des Spiritueux vient de publier une étude qui devrait faire taire ceux qui pensaient que le secteur vivait uniquement sur ses acquis.

Presque tous dans le bain

Premier chiffre qui interpelle : 99% des sites interrogés ont développé des pratiques innovantes entre 2020 et 2025. Autant dire que l’immobilisme n’est plus vraiment de mise dans les chais et les distilleries de l’Hexagone.

Bien sûr, l’innovation produit reste au cœur des préoccupations – 79% des sites concernés. Normal, me direz-vous, pour des entreprises qui vivent de ce qu’elles produisent. On voit fleurir de nouvelles recettes mettant en avant des productions locales, et même des gammes sans alcool pour suivre les nouvelles tendances de consommation.

L’environnement, nouveau terrain de jeu

Mais ce qui marque vraiment un tournant, c’est l’importance prise par les questions environnementales. Près de la moitié des sites (46%) ont adopté des pratiques agricoles plus respectueuses de la planète ces cinq dernières années.

Concrètement, ça donne quoi ? De l’agroécologie, des formations pour les agriculteurs partenaires, des primes pour les encourager à passer le cap de la transition écologique. Certaines maisons vont même jusqu’à développer avec des instituts de recherche de nouvelles variétés de plantes plus résistantes à la sécheresse et aux maladies – un enjeu de taille à l’heure du changement climatique.

Et tenez-vous bien : quelques producteurs utilisent désormais de l’alcool agricole fabriqué à partir de légumineuses. L’avantage ? Ces plantes fixent naturellement l’azote dans les sols, ce qui limite le recours aux engrais de synthèse. Pas mal comme idée, non ?

La biodiversité aussi

Autre axe de développement : la protection de la biodiversité, qui mobilise 43% des sites. Agriculture régénératrice pour restaurer la santé des sols, agroforesterie, végétalisation des sites de production… Les initiatives se multiplient pour faire cohabiter production et respect du vivant.

Un poids lourd de l’agriculture française

Histoire de rappeler quelques fondamentaux : la filière des spiritueux, c’est 250 entreprises (dont 95% de TPE-PME) présentes dans tous les départements français, y compris outre-mer. Chaque année, près de 4 millions de tonnes de matières premières agricoles sont transformées – raisin, canne à sucre, céréales, fruits, plantes… Un volume comparable à celui du vin ou du sucre.

La France reste d’ailleurs le premier producteur de spiritueux de l’Union européenne, avec 700 millions de litres produits annuellement. Un secteur qui génère 700 millions d’euros et qui attire chaque année 2 millions de visiteurs dans ses maisons – de quoi faire vivre les territoires, particulièrement en outre-mer et en Normandie.

Rendez-vous Porte de Versailles

Pour ceux qui veulent voir tout ça de plus près, direction le Salon International de l’Agriculture du 21 février au 1er mars. La Fédération Française des Spiritueux sera présente (hall 4, stand A-073) avec des producteurs prêts à partager leurs expérimentations et leurs projets innovants.

De quoi prouver qu’on peut allier tradition et modernité, terroir et innovation. Et que les spiritueux français n’ont pas dit leur dernier mot.

Les spiritueux français en 2026 en infographie