Les 13 et 14 janvier, les dégustateurs du Challenge Millésime Bio se sont retrouvés pour la 19e édition du rendez-vous mondial incontournable du vin issu de l’agriculture biologique. Une édition solide, quelques surprises, et même du désalcoolisé. Si nous n’étions pas de la fête, nous avons aussi dégusté des cuvées bio toute l’année et certaines ont su nous convaincre.
Cette édition 2026 a rassemblé plus de 1 700 vins provenant de dix pays, qui sont passés sous les papilles critiques d’œnologues, sommeliers, cavistes avec à leur tête, une figure bien connue du milieu : Xavier Thuizat, Meilleur Ouvrier de France et Meilleur Sommelier de France 2022, chef sommelier du groupe Hôtel de Crillon. Son verdict ? Enthousiaste. Il confie avoir été particulièrement séduit par les blancs 2024 du Languedoc et de la Vallée du Rhône qu’il a eu l’occasion de déguster.
Le palmarès : 454 médailles pour les vins, et la France aux commandes
Au total, 454 médailles ont été attribuées aux vins : 182 en or, 217 en argent et 55 en bronze. Sans surprise, les vins français dominent largement le palmarès avec 412 médailles contre 42 pour les vins étrangers.
Par rapport à l’édition précédente, qui avait récompensé 504 vins, le nombre de médailles est en légère baisse. Mais attention à ne pas y voir un signal négatif : la sélection s’est faite sur un volume d’échantillons comparable, et les jurés ont clairement opté pour l’exigence plutôt que la générosité.
Les régions qui dominent : le Sud confirme, et ça brille
Si le Challenge Millésime Bio a un fief, c’est bien le Sud de la France. L’événement est organisé par SUDVINBIO, l’association interprofessionnelle des vignerons bio d’Occitanie, qui regroupe les producteurs et metteurs en marché de la première région bio d’Europe. Autant dire que le Languedoc-Roussillon joue à domicile, et ça se ressent dans les résultats.
Le Languedoc et le Roussillon, moins touchés par les pluies excessives des dernières saisons, enregistrent des récoltes plus régulières, confirmant leur rôle moteur pour le bio français. La Vallée du Rhône tire également son épingle du jeu, comme en témoigne l’enthousiasme du président du jury pour les blancs 2024 de ces deux terroirs.
La grande nouveauté : les vins désalcoolisés bio font leur entrée
C’est la tendance lourde de cette édition. Le Challenge 2026 a été marqué par l’arrivée d’une toute nouvelle catégorie : les vins désalcoolisés bio. Trois cuvées ont été récompensées. Un chiffre modeste, mais symbolique : cela traduit une demande croissante pour des alternatives au vin traditionnel, dans l’air du temps du « boire moins, mais mieux ». Le marché des boissons faiblement alcoolisées ou désalcoolisées connaît en effet un essor remarquable, porté par les nouveaux usages de consommation. Le salon a d’ailleurs créé pour l’occasion un espace baptisé NoLow&Bio, entièrement dédié à ce segment.
En résumé : un bio qui s’assume et s’élargit
Cette 19e édition du Challenge Millésime Bio dessine une filière en bonne santé, qui ne se contente plus de défendre ses acquis. L’arrivée des vins désalcoolisés dans le palmarès est un signal fort : le bio se met au diapason des nouvelles attentes des consommateurs, sans renier son exigence qualitative. Le Languedoc-Roussillon et la Vallée du Rhône confirment leur statut de locomotives.
Si le palmarès intégral est à retrouvé sur le site du Challenge Millésime Bio, nos propres dégustations au fil de l’année nous ont permis de rencontrer quelques cuvées certifiés Bio qui ont su nous charmer. Voici notre sélection.

La sélection de nos blancs, roses, rouges
Champagne Maxime Blin, cuvée Son Naturel Optimiste, Extra Brut.
Assemblage 90% Pinot noir et 10 % Chardonnay, vieilli 36 mois. Un Champagne structuré, avec une belle minéralité en finale. Apéro, mais aussi huitres et plateau de fruits de mer. 31 euros.
Klevener de Heiligenstein « Le Vin des 3 Montagnes », domaine Heywang.
Savagnin Rose pour un blanc sec d’Alsace qui délie les langues à l’apéritif et les flatte en accompagnant poissons et viandes blanches en sauce à la crème. 13,540 euros.
Golden Hour Vin De France Blanc 2025, Domaine Fredavelle.
Un Blanc de Noir issu des Coteaux d’Aix en Provence, sec et frais sur des notes d’agrumes, des touches de fleurs blanches, de la minéralité et une touche saline. Apéro, poissons de Méditerranée. 12 euros.
Belle Rive – Franc de Pied 2025, IGP Pays d’Hérault, Domaine La Colombette.
Souvignier Gris (cépage résistant), pour un blanc sec et aromatique délicat, aux notes fruitées, agrumes, poire, fleurs blanches et finale délicatement iodée. Idéal avec les huitres et fruits de mer. 8 euros.
Parenthèse blanc 2024, IGP Hérault, Domaine Parpalhol.
n assemblage de Chardonnay (80%), Colombard (10%) et de Sauvignon (10%) pour un blanc sec bien aromatique, que l’on appréciera à l’apéritif, comme avec des poissons et des fruits de mer. 15 euros.
La Nompareille Saumur Blanc 202. Bouvet Ladubay.
Un Chenin Blanc disponible à seulement 2700 exemplaires, pour un blanc sec ample, avec un boisé tout en finesse et une certaine fraîcheur minérale qui le fait bien se tenir à table avec des poissons nobles, de beaux fromages ou des viandes blanches. 12,50 euros.
Vieilles Vignes 2024, AOP Côtes de Provence la Londe, Château la Valetanne.
Un blanc sec 100% Rolle, qui allie une gourmandise fruitée à une certaine fraîcheur. De fait il est à l’aise à l’apéritif, mais sait aussi se tenir en compagnie de poissons grillés, d’une bouillabaisse ou de fromages de chèvre frais. 20 euros.
Muscat Floral 2023, IGP Principauté d’Orange Domaine Julien de l’Embisque.
Un assemblage de Muscat, Floréal, Voltis pour un vin blanc sec aux notes florales et fruitées, abricot et pêche, avec une fraicheur vive. En apéritif, avec des fruits de mer ou des poissons grillés. 10 euros.
Château La Tulipe Noire rosé 2025, AOP Côtes de Provence, Domaine des Peirecèdes.
Tibouren et Grenache pour un rosé qui a de la structure, de l’élégance et de jolies notes acidulées pour la fraicheur. De quoi passer à table, avec des mets de de la région, des poissons, crustacés, viandes blanches, etc. 17 euros.
Le Chambourcin de Cajus 2024, vin de France, Chateau Cajus.
Un vin rouge 100% Chambourcin qui joue la carte de la fraicheur délicatement acidulé, et du fruit (fruits rouges, mûre), dans la tendance donc. On le voit bien accompagné de viande rouges ou blanches, de fromages pas trop affinées ou de plats de légumes d’été. 10 euros.
Cuvée Skhistos Rouge 2021, AOC / AOP Saint-Chinian, Domaine des Pradels Quartironi
Un rouge issu de l’assemblage de Syrah, Carignan et Grenache. Ample et suave, minéral, d’épicé on le mariera parfaitement avec des avec viandes rouges grillées l’été et des plats mijotés l’hiver. 27 euros.
Archibald 2023, AOP Malepère, Domaine de la Sapinière.
Un rouge issu de l’assemblage de deux parcelles (70% Merlot, 30% Cabernet Franc), pour un vin à la gourmandise fruitée, sur une jolie structure et ce qu’il faut de fraicheur. Cet été sur un magret de canard à la plancha avec ses légumes d’été, cet hiver pour le confit de canard, ou le cassoulet. 20 euros.
Pinot Noir Lieu-dit Oberstupf 2023, Domaine Laurent Vogt.
Un beau vin rouge qui ne manque pas de caractère, avec une belle structure, sur des notes de fruits rouges croquante, enveloppées d’une petite touche de vanille issues de l’élevage en barrique. Pour accompagner de belles viandes rouges, mais aussi des plats en sauces plus rustiques en saison. 28 euros.
Pinot Noir Grand Cru Kirchberg de Barr 2023, Domaine Boeckel.
L’un des deux seuls Pinot Noir Grand Cru d’Alsace. Un très beau vin rouge aux tanins souple, du fruit ample, un boisé délicat. De quoi se faire vraiment plaisir en accompagnement d’une belle viande rouge. 59 euros.











