Il y a des collaborations qui ne passent pas inaperçues. Celle entre la Maison de joaillerie ODACE et la distillerie Longueteau en fait partie. Leur dernière création ? Un flacon de rhum agricole vendu 130 000 euros, tout simplement le plus cher jamais produit.
Oublions les bouteilles poussiéreuses du bar de papy. Ce que viennent de dévoiler ODACE et Longueteau, c’est autre chose : une pièce d’orfèvrerie qui contient du rhum, ou l’inverse. Difficile à dire tant l’objet brouille les frontières entre spiritueux d’exception et œuvre d’art.
Un anniversaire qui se fête en grand
Pour célébrer ses 130 ans, la distillerie guadeloupéenne Longueteau ne s’est pas contentée d’une bougie sur un ti-punch. La famille a préféré s’associer avec la jeune Maison ODACE pour créer une pièce unique, fruit de plus d’un an de travail minutieux. Le résultat ? Un objet fascinant qui marie la texture géométrique de la canne à sucre à l’élégance brute de la haute joaillerie.
Le flacon lui-même est sculpté en pâte de verre selon une technique artisanale d’exception signée ici par la sculptrice sur verre Juliette Leperlier. Chaque courbe, chaque relief évoque la matière première qui fait la fierté des Longueteau depuis plus d’un siècle. Mais le véritable coup de maître, c’est son bijou d’ornement : 113 grammes d’or façonnés à la main, sertis de 34 carats de diamants. Oui, vous avez bien lu.
Des diamants, mais pas n’importe lesquels
Chez ODACE, le luxe ne rime pas avec excès. La Maison a fait le choix radical de n’utiliser que des diamants cultivés en laboratoire. Et non, il ne s’agit pas de vulgaires imitations en strass. Ce sont de véritables diamants, impossibles à distinguer des pierres extraites de mines, même pour un gemmologue armé de son microscope.
La différence ? Leur origine et leur impact. Ces gemmes avant-gardistes sont créées grâce à des procédés scientifiques reproduisant les conditions naturelles de formation du diamant : du carbone pur soumis à des pressions et températures extrêmes. Une prouesse technologique qui épargne la planète et ses habitants, tout en offrant le même éclat éternel.
« Ce flacon est l’expression de notre vision de la joaillerie : créer des pièces uniques, chargées de sens, où artisanat français et innovation se rencontrent », expliquent César et Manon, le couple fondateur d’ODACE. Un luxe conscient, transparent, porteur de sens. Une invitation à « oser briller autrement », comme ils aiment à le dire.
Et dedans, qu’est-ce qu’on boit ?
Le contenant est spectaculaire, mais le contenu ne démérite pas. À l’intérieur de ce chef-d’œuvre repose un assemblage inédit de rhums issus des eaux-de-vie les plus anciennes de la distillerie Longueteau. Chaque goutte incarne plus d’un siècle de savoir-faire, de patience et de transmission familiale. Un nectar qui a traversé les générations pour finir dans ce qui est probablement le plus bel écrin jamais offert à un rhum agricole.
Ce projet illustre la rencontre parfaite entre deux maisons familiales qui partagent la même exigence : qualité irréprochable, traçabilité totale, respect des savoir-faire ancestraux, tout en embrassant une vision résolument contemporaine de l’artisanat français.
Pensé comme un objet de collection, ce flacon unique au monde est désormais proposé à l’acquisition. Les amateurs – fortunés – peuvent se manifester.
Petite précision pour les gourmands du jour : alors oui, c’est la fin du Dry January, et même si c’est la Chandeleur aujourd’hui, on déconseille fortement de verser ce rhum dans sa pâte à crêpes. À ce prix-là, mieux vaut se contenter de le contempler – les crêpes se contenteront très bien du Grand Marnier du placard.










