Présent à Wine Paris le 10 février dernier, la communication du Comité Champagne affiche une filière déterminée à traverser la tempête sans perdre ni son cap, ni son éclat.

La période n’est pas simple. Entre les incertitudes géopolitiques, le dérèglement climatique qui chamboule les vignes et des consommateurs aux habitudes de plus en plus imprévisibles, la filière champenoise aurait pu se retrouver à naviguer à vue. Mais c’est tout le contraire que le Comité Champagne est venu afficher à Wine Paris : une feuille de route claire, une volonté collective affirmée, et une ambition intacte.

« Disponible, désirable, exemplaire » — 3 mots, 1 programme

Le triptyque peut sembler simple, presque évident. Mais derrière ces trois piliers se cache un travail de fond engagé depuis plusieurs années. Pour garantir la disponibilité des vins, la filière a su innover : serre bioclimatique Qanopée pour sécuriser le matériel végétal, introduction de variétés résistantes dans le cahier des charges, gestion collective et coordonnée des volumes. Autant d’outils qui témoignent d’une vraie capacité à anticiper, plutôt qu’à subir.

Sur le plan environnemental, les chiffres parlent d’eux-mêmes : moins 25% d’émissions de gaz à effet de serre depuis le premier bilan carbone de la filière, réalisé dès 2003 — une époque où beaucoup d’autres secteurs n’avaient pas encore entendu parler de trajectoire carbone. Le nouveau Plan Carbone 3, qui court de 2025 à 2035, vise à maintenir le cap vers le net zéro en 2050. Rien que ça.

La désirabilité, le grand chantier du moment

Si la disponibilité et l’exemplarité semblent aujourd’hui bien ancrées, c’est sur le troisième pilier — la désirabilité — que la Champagne entend désormais concentrer ses efforts. Et pour cause : la concurrence des vins effervescents ne faiblit pas, les modes de célébration évoluent, et conquérir les nouvelles générations de consommateurs ne se fait plus tout seul.

Pour y répondre, la filière planche sur un plan stratégique Champagne 2040, destiné à mieux cerner les attentes des consommateurs et à projeter collectivement l’avenir de l’appellation. Un rendez-vous fédérateur est également prévu en 2027, pensé comme un moment de mobilisation et de rayonnement à l’échelle mondiale.

Une seule voix, et elle porte loin

Ce qui frappe dans ce communiqué, c’est peut-être avant tout le ton — celui d’une filière qui, en dépit des tensions, choisit l’unité plutôt que la dispersion. Maxime Toubart, président du Syndicat Général des Vignerons et coprésident du Comité Champagne, le dit sans détour : « Lorsque la Champagne s’engage d’une seule voix, elle est capable de surmonter tous les défis. »

Son homologue à la tête de l’Union des Maisons de Champagne, David Chatillon, abonde dans le même sens, en insistant sur la complémentarité entre vignerons et maisons : l’objectif commun étant de « réaffirmer le Champagne comme symbole universel de la célébration » — à travers le monde entier, et pour longtemps.

Avec plus de 16 000 vignerons et 350 maisons représentés par le Comité Champagne, la filière dispose en tout cas d’une base solide pour porter cette ambition. Reste à transformer l’essai dans les années à venir — et à convaincre le monde que quand il s’agit de trinquer, rien ne remplace une vraie bulle champenoise…

Le Comité Champagne est l’interprofession de la filière, lieu de convergence entre vignerons et maisons pour défendre leurs intérêts communs et promouvoir l’appellation à l’international.