Quarante bougies pour la köttbullar ! La célèbre boulette IKEA, devenue au fil des décennies un symbole aussi reconnaissable que les meubles en kit du géant suédois, célèbre cette année son anniversaire. L’occasion de revenir sur une success story… pas toujours sans accroc.

Tout commence en 1960, quand IKEA ouvre son premier restaurant en Suède. L’idée ? Offrir une pause gourmande aux visiteurs épuisés par leurs emplettes. Mais c’est en 1985 que la magie opère vraiment. Ingvar Kamprad, le fondateur visionnaire d’IKEA, fait appel au Chef suédois Severin Sjöstedt avec une mission bien précise : créer LA recette de boulette universelle, celle qui pourrait conquérir les papilles du monde entier.

« Ingvar savait déceler ce qui parlerait au plus grand nombre. Créer une recette universelle, simple et inoubliable était un défi passionnant. Nous avons testé plus d’une centaine de versions avant de trouver la bonne », se souvient le chef. Dix mois de tests, plus de cent tentatives, et voilà : la recette parfaite était née.

Un parcours (presque) sans faute

Depuis, la köttbullar s’est imposée comme un rituel incontournable. Pause réconfort au milieu des allées du magasin, madeleine de Proust pour les uns, tradition du samedi pour les autres. Pour beaucoup, ces petites boulettes ont même constitué leur première immersion dans la cuisine scandinave.

Les chiffres donnent le tournis : aujourd’hui, IKEA est devenu l’un des plus grands opérateurs de restauration au monde, avec 473 restaurants répartis dans 63 pays et plus de 710 millions de repas servis chaque année. Rien qu’en France, ce sont 2 245 000 assiettes servies dans les restaurants, auxquelles s’ajoutent 415 980 sachets vendus en libre-service. Soit près de 44 millions de boulettes dégustées au total. Pas mal pour un simple accompagnement de shopping !

Pourtant, le parcours n’a pas été exempt de turbulences. Difficile d’oublier le scandale de 2013 qui avait écorné l’image de l’icône suédoise : de la viande de cheval avait été détectée dans les boulettes vendues dans plusieurs pays européens, dont la France. IKEA avait alors retiré du marché ses produits à base de viande et renforcé drastiquement ses contrôles qualité. Une tache au tableau que l’enseigne a mis du temps à effacer.

L’icône se réinvente

Mais chez IKEA, une icône ne reste jamais figée. La célèbre boulette a su accompagner les évolutions des modes de consommation. En 2015, première alternative avec la version au poulet, suivie la même année par la version aux légumes. En 2020, arrivée de la boulette 100% végétale HUVUDROLL – comprenez : sans viande, mais qui a (presque) le goût de la viande.

Et en 2025, deux nouvelles recrues rejoignent la famille : la boulette de falafel et celle de poisson, pour élargir encore l’offre veggie et accompagner les nouvelles habitudes alimentaires.

La dernière création, la falafel ball (en photo ci-dessus), associe pois chiches, courgettes, oignons et épices dans une recette croustillante à l’extérieur et fondante à l’intérieur. « Le falafel s’est imposé naturellement : un classique moderne, apprécié partout, et une nouvelle saveur pour notre menu », explique Daniel Yngvesson, Global Food Designer chez IKEA. Une manière aussi de rendre l’alimentation « inclusive et non restrictive », selon les termes de l’enseigne.

Quand l’art s’en mêle

Pour célébrer dignement cet anniversaire, IKEA a fait appel au designer suédois Gustaf Westman. Ensemble, ils ont imaginé une assiette en porcelaine pensée pour sublimer la star du jour : un plateau ludique et design permettant d’aligner précisément 11 boulettes, façon mise en scène gastronomique. Un clin d’œil à la créativité suédoise et à la place centrale de la boulette dans la culture IKEA.

Quarante ans plus tard, la köttbullar prouve qu’une simple boulette peut devenir bien plus qu’un plat : une icône pop culture, un symbole identitaire, et finalement, la preuve que les meilleures idées sont souvent les plus simples.